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Définitions:
Le design, qu'est-ce que c'est ?
Il n’existe pas de définition unique du design. Chaque époque, chaque courant, chaque culture réinvente "sa" définition du design.
académique
Design (dizajn ou design) n.m. (mot anglais), discipline visant à une harmonisation de l’environnement humain, depuis la conception des objets usuels jusqu’à l’aménagement des sites.
Petit Larousse, avant 1989
Design (dizajn ou design) n.m. (mot anglais), discipline visant à la création d’objets, d’environnements, d’œuvres graphiques, etc. , à la fois fonctionnels, esthétiques et conformes aux impératifs d’une production industrielle.
Petit Larousse, depuis 1989
Design (dizajn, dezajn) n.m. (v. 1965 : mot anglais, dessin, plan, esquisse). Anglicisme. Esthétique industrielle appliquée à la recherche de formes nouvelles et adaptées à leur fonction (pour les objets utilitaires, les meubles, l’habitat en général).
"Le design (…) doit être la conjonction d’une idée esthétique du créateur, d’une réalité industrielle, d’un réseau de distribution et des goûts d’une clientèle." (Le Monde, 12.6.1971)
Adj. D’un esthétisme moderne et fonctionnel. Des meubles design.
Petit Robert, dictionnaire de la langue française
"Le design a l’avantage de signifier à la fois dessein et dessin. Dessein indique le propre de l’objet industriel qui est que tout se décide au départ, au moment du projet , tandis que dans l’objet ancien fait à la main, le projet se différenciait en cours d’exécution. Et dessin précise que, dans le projet, le designer n’a pas à s’occuper des fonctionnements purs, affaires de l’ingénieur, mais seulement de la disposition et de la forme des organes dans l’espace et dans le temps, c’est-à-dire de la configuration."
Encyclopedia Universalis 1990
"Le design est une activité créatrice dont le but est de déterminer les qualités formelles des objets produits industriellement. Par qualité formelle, on ne doit pas seulement entendre les qualités extérieures, mais surtout les relations structurelles et fonctionnelles qui font de l’objet une unité cohérente."
Thomas Maldonado, ICSID, International Council of Industrial Design
historique
"Le mot design utilisé en France, est emprunté à l’anglais design, qui signifie, au XVIIe siècle, "plan d’un ouvrage d’art". Le mot anglais est lui-même d’origine français, latine, designare. Il provient de "dessein" et de ses dérivés "dessigner" ou "desseigner" qui signifiaient à la fois dessiner, montrer, indiquer.
Les notions de dessin et de dessein se superposent tout d’abord, mais c’est aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne que le mot design prend un sens élargi à toutes les productions d’objets ou de signes, à la fois industrielles et artisanales (on lui adjoint généralement un adjectif : graphic design, product design, shelter design). Aux Etats-Unis, le mot design s’impose après la crise de 1929, avec la création des première agences d’esthétique industrielle, notamment celle de Raymond Loewy, pionnier de la profession d’industrial designer.
L’usage du mot traverse l’Atlantique et gagne l’Europe d’après-guerre. Il marque un avantage conceptuel sur l’allemand gestaltung (plus proche du dessin) ou l’italien progettazione (plus proche du projet). Il faudra attendre les années 60 pour qu’il s’étende en France, remplaçant l’expression "esthétique industrielle", sous l’influence de Jacques Viénot, fondateur de l’agence Technès (1949) et l’arrivée dans cette agence de Roger Tallon. Le mot entre définitivement dans le vocabulaire industriel en 1965, date à laquelle la revue Esthétique Industrielle de Jacques Viénot devient Design Industrie.
Dans les années 60, sous l’influence des théoriciens et sociologues (Jean Baudrillard, Gilbert Simondon, Edgar Morin, Michel Ragon, Hoffenberg et Lapidus), le design, rarement cité, prend un sens nouveau en se dégageant de la pure production d’objets, absorbant les notions de signes, besoins et discours social. Parallèlement, il se banalise dans le grand public jusqu’à signifier, un "style design", généralement en plastique orange, puis rouge, ou en bois, donc scandinave.
Dans les années 80, le design est surmédiatisé et utilisé pour caractériser de multiples productions, de celles d’Ikea au mobilier en pièces uniques vendu dans les galeries d’art. A partir de 1990 et surtout après la guerre du Golfe, la mode disparaît, tout comme les rubriques de design de la plupart des journaux grand public, [...]. Le design réapparaît un peu plus tard, vers le milieu des années 90, qualifié de "modeste". Il reprend alors le chemin des grandes entreprises (Renault, création de la Direction du Design Industriel, Thomson Multimedia et l’arrivée de Philippe Starck en 1993), où il est utilisé pour l’image du produit, sa différenciation avec la concurrence et la motivation interne de l’entreprise. Le dictionnaire Petit Robert en donne la définition suivante : "esthétique industrielle appliquée à la recherche des formes nouvelles et adaptée à leurs fonctions".
En 1994, le projet de loi Toubon le destinait à se franciser en "stylique" et en "styliqueur", avant que l’on ne fasse état de ses origines françaises. Le mot design a servi de base à de nombreux dérivés : global design, initié par les grandes firmes américaines dans les années 50 (IBM, Knoll), anti-design, mouvement italien de remise en cause de l’idéologie fonctionnaliste (Archizoom Associati et Superstudio, fin des années 60), design radical (Memphis, Alchimia, 1980), bio-design inspiré par Luigi Colani et son intérêt pour l’ergonomie (1985). Il est intéressant de noter qu’en 1996, la profession de designer n’a toujours pas de statut officiel.
Dictionnaire des Arts appliqués et du design - Editions du Regard
philosophique
"L’homme se transforme lui-même en transformant la nature."
Engels
"Telle forme, née du hasard, de la solution pratique réclamée par l’usage de l’objet et commandée aussi par sa nature matérielle a été ensuite reprise pour le seul plaisir décoratif. Alors qu’elle correspondait d’abord à une véritable exigence utilitaire, elle se fixe, est organisée, régularisée et, devenue peu à peu totalement inutile et sans raison justifiable, elle se transmue en ordonnance ornementale."
René Huyghes
"Le design ne signifie pas donner une forme à un produit plus ou moins stupide, pour une industrie plus ou moins sophistiquée. Il est une façon de concevoir la vie, la politique, l’érotisme, la nourriture et même le design."
Ettore Sottsass
"La production ne fournit pas seulement des matériaux aux besoins, elle fournit aussi un besoin aux matériaux : la production ne produit pas seulement un objet pour le sujet mais un sujet pour l’objet."
Marx
vu par les designers
"Le design est la combinaison optimale de trois éléments : le langage formel, les matériaux et technologies employés, et enfin, la capacité de distinguer et de prendre en considération besoins fonctionnels et immatériels des utilisateurs."
Rodrigo Rodriquez, président de Marcatré
"Un trait de crayon, c’est une forme, un usage, une technique, un prix, d’autres paramètres peuvent se greffer, mais c’est la base."
Charlotte Perriand
"J’essaie toujours de trouver les limites. C’est vraisemblablement ce qui fait la différence entre moi et les autres. Les autres essaient de casser les limites pour faire quelque choses de nouveau. Mais pour casser les limites, il faut savoir où elles sont. La question n’est plus de casser, mais de trouver les limites. Pas seulement dans les formes, mais aussi dans les fonctions."
Borek Sipek
"Un objet est une idée mise en proportion."
Sylvain Dubuisson
"Le design est la part de création assurant la cohérence entre les impératifs technologiques de fabrication, la structure interne de l’objet, sa valeur d’utilisation et son aspect final."
Raymond Guidot
"Less is more"
Mies Van der Rohe
"More is not less, less is a bore"
Robert Venturi
"Il devient clair qu’à la fin de ce siècle, deux grandes manières d’aborder le design semblent émerger, deux visions très diverses et parfois contradictoires. D’un côté l’interprétation du design particulier à la production de masse : ce design est clairement considéré comme un instrument technologique et de marketing. Cette interprétation tend à réduire le rôle du design, puisqu’il est conçu comme instrument pour aider l’industrie à produire plus rapidement, à moindre coût, ou à produire des objets plus fonctionnels, ou même à donner un meilleur aspect aux produits afin d’inviter les gens à les acheter… J’en viens maintenant à la deuxième manière d’aborder le design - manière très particulière et proche de la pratique des entreprise italiennes de design : comme art et poésie… Selon elles, le design est une mission. Il ne s’agit pas de simples projets formels d’objets, mais au contraire d’une sorte de "philosophie générale" influant sur toutes les décisions de ces entreprises."
Alberto Alessi
affectif
"Parler de l’objet n’est pas intéressant ; ce qui l’est, c’est de parler de ce que l’on en pense, de la mémoire qu’on en a."
Philippe Starck
"Quand il présente sa chaise "Miss Trip", Starck nous dit qu’elle est "l’archétype de la chaise de cuisine sur laquelle maman servait le café au lait". On n’achète pas une chaise, mais l’odeur du café au lait et la maman en prime."
François Granon (Télérama n°2464, 1997)
"It is important to think about our future heritage. A book or a chair belonging to your grandmother gains emotional attachment. Plastic is at a primitive stage in comparison, but instead of comparing it to those things, we should look for a meaning in the way it changes. Because of the way I transpire, my mobile phone will wear in a way that is unique to me."
Stefano Marzano, directeur du design Philips
futuriste
"Rien n’interdit de penser que la maison du futur éliminera tout artifice décoratif matérialisé - tapis, rideaux, papiers peints, bibelots - pour leur substituer d’autres artifices programmables, éventuellement créés par des artistes. Dans cette perspective, la maison se réduirait à un cadre neutre, brut, dans lequel, par simulations virtuelles, l’habitant pourrait appeler ou inventer son cadre de vie : univers de synthèse mêlant à volonté images réelles et images virtuelles."
Odile Fillon
"Anticiper est un devoir pour tout le monde. Qui n’anticipe pas est incapable de contrôler son présent. Evidemment, pour des gens comme moi qui interviennent sur la production, avec des délais, voire des mises en œuvre étendues sur plusieurs années, l’anticipation est une obligation. C’est même maladif chez moi, mon problème principal étant de ne vivre jamais l’instant présent et d’être en permanence projeté dans un autre espace-temps."
Philippe Starck
"Il faut entrer dans l’an 2000 avec gentillesse. Objectivement, le monde est violent et la maison doit être protectrice."
Alessandro Mendini
culturel
"Le facteur le plus important dans le design contemporain n’est pas qu’il soit attractif mais qu’il soit bien en rapport avec l’individualité. A ceux qui pensent que la fonctionnalité est l’élément le plus important, je peux dire maintenant qu’ils en sont restés au stade le plus élémentaire et le plus primitif du développement du design."
Borek Sipek
"Il existe un paradoxe au cœur même de la culture contemporaine. Nous voulons que le monde soit exactement le même partout où nous allons, pouvoir utiliser les mêmes cartes de crédit, boire la même eau minérale et regarder la même télévision partout. Toutefois, en même temps, nous voulons que le monde garde un sens de la différence, de l’unique, qui distingue chaque culture. Nous voulons briser les barrières entre les Etats pour créer des systèmes politiques globaux. Mais nous voulons aussi garder nos langages spécifiques, nos cultures et notre sens de la Nation… La nature de l’identité est une issue fondamentale. Nous l’utilisons à la fois au sens exclusif et inclusif. L’identité est ce qui nous rend plus semblables et en même temps ce qui nous rend différent des autres."
Deyan Sudjic
"Les choses sérieuses, naguère, étaient le charbon et l’acier. Dans les affaires du monde, littératures ou musées semblaient compter peu. Les batailles décisives se livraient dans les usines de machines-outils ou dans les grandes plaines à blé… Mieux valait, pour la prospérité d’un peuple, ouvrir des ports de marchandises que des cabinets de lecture… Mises à part quelques têtes philosophiques et solitaires, nul ne songeait sérieusement à chercher dans les œuvres l’incarnation de l’essence d’un peuple ou la marque de son identité la plus authentique… Nous avons changé tout cela. Aujourd’hui, les cultures sont devenues grands sujets d’affrontement, outils d’information collective et quête d’identité."
Roger Pol-Droit, dans Le Monde du 7.03.1997
définitif
"We buy things. We like to exchange things. We steal things. We donate things. We live through things. We call these things goods. We don’t call them bads."
Professeur James Twitchell
"La laideur se vend mal."
Raymond Loewy
Définitions:
ecodesign
On désigne par écodesign une nouvelle approche qui consiste à mettre en œuvre des méthodologies prenant en compte le respect de l'environnement dans la création et la conception des produits qui nous entourent.
Il s'agit d'ajouter à la problématique déjà complexe et transversale du design d'un objet les critères relatifs au respect de l'environnement. Ceux-ci interfèrent à tous les niveaux du projet: du cahier des charges au concept, mais aussi lors des choix et arbitrages du projet.
Si la majorité des designers se contentent aujourd'hui de l'intégrer comme ils le font pour l'ergonomie, c'est-à-dire de façon instinctive et empirique, certains se spécialisent et participent à des réflexions prospectives autour de ce sujet, ce qui leur permet d'élaborer de nouvelles méthodologies d'analyse et de travail. On peut citer les travaux d'Ezio Manzini, de Domus Academy, de O2 France ou de Dalt France.
Parmi les méthodologies qui sont intégrées dans le processus du projet, on peut signaler:
• l'analyse du cycle de vie de l'objet et de ses composants (analyse de sa conception, production, distribution, consommation et déconsommation, étude des pollutions et des déchets générés),
• une étude plus approfondie du comportement de l'utilisateur mais aussi de ses valeurs,
• une attention plus réfléchie portée au choix des matériaux et des technologies mis en œuvre pour la matérialisation de l'objet (la démontabilité, la traçabilité, la recyclabilité, des matériaux et technologies "propres", renouvelables ou biodégradables, intégration de matériaux recyclés),
• des réflexions sur l'up-grading, la modularité, la durabilité, le produit vu comme service et non plus comme objet, qui permettent de changer de point de vue et d'élaborer de nouveaux concepts de produit.
Aujourd'hui prospective et embryonnaire, cette démarche devrait être plus présente dans un futur proche, à mesure que progresse la prise en compte de ce vaste boomerang qu'est la question environnementale. On peut citer à titre d'exemple, à quel point les crises du sang contaminé, de la vache folle et de la dioxine ont fortement sensibilisé le consommateur européen à ces nouveaux critères qualitatifs et dopé l'essor de l'agriculture biologique sur nos étalages. Le transfert à l'univers de l'objet n'est donc qu'une question de temps ou d'une prise de conscience par des scandales médiatisés.
DESIGNER
Le designer est un professionnel de la création au service de l'entreprise. Ce généraliste aux spécialités multiples allie intuition et expérience pour innover et formuler des solutions concrètes.
> Le designer est un professionnel
Il a reçu une formation longue et diversifiée. Il applique une méthode de travail qui, tout en permettant d'élargir le champ des hypothèses, aboutit obligatoirement à une solution concrète. Son activité est souvent assimilée au conseil. En fait, son intention va plus loin que celle d'un simple conseiller car il concrétise les idées émises.
> Le designer est un créatif
Il se distingue par certaines qualités: curiosité, intuition, imagination, capacité d'écoute, sensibilité, aptitude à la remise en question, esprit d'analyse et de synthèse. Par sa nature et son métier, il s'emploie toujours à reconsidérer les projets tels qu'ils sont formulés et à imaginer des solutions nouvelles afin d'améliorer les performances tant du point de vue technique que marketing.
> Le designer est un généraliste
Il travaille pour toutes sortes de secteurs d'activité et d'entreprises. Il possède ainsi une richesse d'expérience dont il fait profiter ses clients. Sans prétendre rivaliser avec les spécialistes de chaque discipline, il maîtrise une large palette de compétences: une bonne connaissance des moyens de production et des matériaux, une ouverture aux méthodes d'analyse de la valeur et procédures qualité, une approche marketing et un sens artistique lui permettant de composer avec les formes et les couleurs. Il se doit d'être au fait des tendances et des goûts de l'époque et de l'évolution des techniques.
> Le designer est un partenaire
Son rôle est d'accompagner l'entreprise dans son développement et non de remplacer le responsable de telle ou telle discipline.
L’éco-conception (ou « écoconception »), Éco-design, design écologique, design durable ou design responsable sont des termes désignant la volonté de concevoir des produits respectant les principes de développement durable.
L'éco-conception est une approche qui prend en compte les impacts environnementaux dans la conception et le développement du produit et intègre les aspects environnementaux tout au long de son cycle de vie (de la matière première, à la fin de vie en passant par la fabrication, la logistique, la distribution et l'usage).
Sommaire
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* 1 Tendances
* 2 ACV
* 3 Méthode d'analyse
o 3.1 Impacts que cherche prioritairement à réduire l'éco-conception
* 4 Réglementation
* 5 Coûts
* 6 Limites
* 7 Applications
* 8 Notes et références
Tendances
C’est une approche qui se développe, notamment depuis les années 1990 en Europe du Nord, basée sur le fait que tout produit et process ont un impact sur l'environnement, qu'il s'agisse de production de biens ou de service. Les motivations de l'entreprise qui y souscrit peuvent être variées : soucis de rentabilité pour les actionnaires, image de l'entreprise, plaisir de mieux faire et de répondre à une demande sociale en faveur d’un développement plus durable et soutenable, volonté de se prémunir contre des plaintes liées à des pollutions induites par un produit non écoconçu.
Le degré de qualité se mesure de ce point de vue par les écobilans ou analyse du cycle de vie (ACV).
ACV
Le cycle de vie
L'écoconcepteur cherche à faciliter la fin de vie de son produit. Ici l'architecte aurait pu à l'avance prévoir les trous où placer une charge de dynamite pour faciliter la démolition et le recyclage à moindre coût énergétique et environnemental de ces pieux de béton
L'analyse du cycle de vie prend en considération les aspects environnementaux liés à la conception du produit depuis l'extraction des matières premières ou l'utilisation de matières recyclées jusqu'au transport du produit, son utilisation et sa fin de vie (recyclage, réutilisation ou valorisation). Il s'agit aussi - dans la mesure du possible - d'éviter les déchets ultimes.
Méthode d'analyse
L'éco-conception est une approche de progrès continu qui a pour objectif de mieux respecter l'environnement aux différentes étapes du cycle de vie du produit. Parmi les méthodologies qui peuvent être intégrées dans cette approche, on peut distinguer :
* l'analyse du cycle de vie de l'objet et de ses composants (analyse de sa conception, production, distribution, consommation et déconsommation, étude des pollutions et des déchets générés aux différentes étapes),
* une étude plus approfondie du comportement de l'utilisateur mais aussi de ses valeurs,
* une attention plus réfléchie portée au choix des matériaux et des technologies mis en œuvre pour la matérialisation de l'objet la démontabilité, la traçabilité, la recyclabilité, des matériaux et technologies "propres", renouvelables ou biodégradables, intégration de matériaux recyclés... ,
* des réflexions sur l'up-grading, la modularité, la durabilité, le produit vu comme service et non plus comme objet, qui permettent de changer de point de vue et d'élaborer de nouveaux concepts de produit.
Impacts que cherche prioritairement à réduire l'éco-conception
* La consommation de matière renouvelable ou non renouvelable (ex : peut-on utiliser des matériaux recyclés, à la place de matériaux prélevés dans la nature ?)
* La consommation d'énergie (ex : consommation en mode "veille" pour les produits électriques)
* L'effet de serre
* L'acidification atmosphérique
* La formation d’oxydants photochimiques
* La pollution des eaux
* La pollution des sols
* Les transports
* Les déchets
* La pénibilité du travail
* L'utilisation de produits et de chaînes de production écocertifiés par des labels environnementaux ou socio-environnemenaux crédibles, transparents et reconnus
* Les nuisances non prises en compte
L'éco-conception intègre les principes de prévention et de précaution et porte sur tous les sites et étapes de production, transport, usage et élimination et sur le produit ou service, mais aussi sur les emballages, commodités de transports, d'usage et de recyclage, l'utilisation de produits toxiques, explosifs, dangereux, etc. L'éco-concepteur place théoriquement ses priorités là où les impacts environnementaux sont les plus importants, mais il peut être tenté de les placer là où les problèmes sont les plus faciles à traiter.
Certaines pollutions sont difficiles à mesurer, c'est le cas de la pollution sonore, de la pollution visuelle (l'impact sur le paysage) et des mauvaises odeurs. Il existe des indicateurs pour la pollution sonore (le bruit se mesure en décibels) mais souvent ils ne sont pas pris en compte.
Depuis quelques années en France, l'ADEME a mis à la disposition des entreprises un logiciel gratuit permettant d'analyser le cycle de vie d'un produit de manère théorique. Le Bilan Produit, logiciel libre sans valeur légale est téléchargeable sur le site de l'ADEME[1].
Réglementation [modifier]
Dans de nombreux pays, les appels d'offre des états et collectivités peuvent contenir des clauses environnementales, encourageant les entreprises à plus de responsabilité environnementale et la vente de produits éco-conçus. L'éco-éligibilité et les démarches volontaires de type HQE tendent à se développer : les commanditaires (donneurs d'ordre, maître d'ouvrage publics ou privés) et acheteurs privés sont de plus en plus exigeants.
L'éco-conception est dans la plupart des cas une démarche volontaire, mais elle est parfois (et de plus en plus) obligatoire, avec par exemple :
* teneur maximales en certains métaux lourds dans les emballages en Europe (Directive Emballages 94/62/CE)
* conception devant limiter la pollution et faciliter le démontage (ex en Europe : normes sur les émissions des moteurs à essence. Exemple en France : décret du 1er août 2003 sur la construction des véhicules et l'élimination des véhicules hors d'usage)
En Europe, le droit de l'environnement se complète peu à peu ; La commission a adopté :
* en décembre 2008, un règlement visant à réduire la consommation d'électricité des appareils électroménagers et des équipements de bureau en « mode veille » avec une réduction espérée de 73% de la consommation des appareils dans l'UE avant 2020 (l'équivalent de 14 millions de tonnes de CO2 non-émis par an).</ref>,
* en février 2009, un règlement sur les décodeurs numériques simples, visant à réduire leur consommation électrique pour passer de 14 TWh à 5 TWh d’ici à 2014.
* en mars 2009, deux règlements sur l'efficacité énergétique de l’éclairage tertiaire et des lampes domestiques (ampoules à incandescence, lampes halogènes et les lampes fluocompactes) visant avant 2020 une économie d'environ 80 TWh (réduction espérée : 32 millions de t de CO2/an).
* en avril 2009, un règlement qui devrait permettre d'économiser 1/3 de l'énergie consommée (9 TWh/an, soit l'équivalent 3 millions de t/CO2) par les sources d’alimentation externes (chargeurs de téléphones ou d’ordinateurs, alimentations pour disques durs externes…) avant 2020.
* en juillet 2009 [2], 4 règlements sur l'efficacité énergétique des moteurs industriels, des circulateurs, télévisions et congélateurs, visant une économie de 190 TWh/an avant à 2020
Coûts [modifier]
Les coûts de l'éco-conception sont souvent significatifs (une ACV [analyse du cycle de vie] coûte de 20 000 à 30 000 euros, voire plus, selon le produit ou process), mais dans une approche « coût global », l'entreprise y trouve généralement son compte en augmentant la valeur ajoutée de ses produits, ses marges de bénéfices, et en s'ouvrant de nouveaux marchés, en améliorant ses process, ses capacités d'innovation, et en payant moins de taxes sur la pollution, la consommation d'eau et d'énergie, les émissions de carbone, les frais liés aux installations classées pour le risque environnemental, etc.
Limites
* Priorités : certains impacts environnementaux sont difficiles à mesurer et mal mesurables sur le court terme (ex : ceux des OGM), d'autres ne font pas l'objet d'un consensus (ex : champs électromagnétiques).
* Crédibilité : La vérifiabilité des affirmations nécessite un minimum de transparence souvent non accordée sous couvert de secret de fabrication.
* La part des impacts environnementaux de la logistique est souvent pour partie cachée ou discrète. (Un produit éco-conçu, mais livré en 24h chrono génère un impact que le client mesure mal). De même un produit peut être totalement recyclable, mais la filière de recyclage peut ne pas exister ou être mal connue.
* Culture d'entreprise : L'entreprise doit acquérir de nouvelles compétences ou prendre le temps de former et motiver et mobiliser son personnel, mais aussi ses sous-traitants. Un travail partagé serait bien plus rentable, mais se heurte souvent au jeu de la concurrence.
* Il peut arriver qu'une entreprise soit tentée de simplement remplacer un produit toxique soumis à une réglementation dure (ex : Directive Seveso) par un produit également dangereux, mais non soumis à une réglementation aussi dure. Il ne s'agit pas dans ce cas d'éco-conception, mais le client peut-être trompé s'il n'y a pas d'écobilan sur le produit de substitution.
Ces limites sont pour partie repoussées par les aides publiques qui se développent.
Applications
L'un des penseurs de l'éco-conception est Victor Papanek, designer et enseignant, il a consacré sa vie à la promotion d'un design utile et responsable.
Aujourd'hui à la mode comme le développement durable, l'éco-conception est une démarche émergente cherchant à revenir aux sources de la création de produit, à savoir la fonction définissant la forme, simplicité et efficacité, évitant les abus de la société de consommation sur l'environnement. Beaucoup de designers s'attachent à oeuvrer en s'inscrivant dans cette démarche : Shigeru Ban, Antoine Fritsch, Kenneth Cobonpue ou Les Sismo